Pour une résorption digne et durable des bidonvilles

La municipalité rappelle sa position qui est d’exiger de l’Etat, la prise de toutes les mesures de solidarité qui s’imposent afin de résorber les campements en assurant à la population Rom un accueil digne dans des terrains aménagés à cet effet sur l’ensemble du territoire de l’Ile-de-France.


Communiqué,


Les familles vivant dans le bidonville dit du Hanul, sur des terrains appartenant à l’Etat et gérées par la Direction interdépartementale des routes d’Ile de France ainsi qu’à l’entreprise publique GDF, ont été expulsées ce matin.

L’Etat a accordé le concours de la force publique pour la mise en œuvre des décisions de justice prises par le tribunal de grand instance en 2007 et 2010 à la demande des propriétaires la Dirif et GDF.

A cette occasion, la municipalité rappelle sa position qui est d’exiger de l’Etat, la prise de toutes les mesures de solidarité qui s’imposent afin de résorber les campements en assurant à la population Rom un accueil digne dans des terrains  aménagés à cet effet sur l’ensemble du territoire de l’Ile-de-France.

Pour preuve de sa volonté d’initier et de contribuer à la résorption digne des bidonvilles et de mettre un terme aux expulsions successives, la ville de Saint-Denis a accepté il y a plus de trois ans la proposition de l’Etat que soit implanté sur son territoire un village d’insertion destiné à 25 familles, que la Ville et la Communauté d’agglomération cofinancent. Elle a proposé par ailleurs à trois autres familles, issues du Hanul, un hébergement digne afin qu’elles puissent reconstruire leur vie en France.

Depuis de nouvelles installations dans un état de misère inacceptable ont eu lieu sans que l’Etat n’intervienne et les demandes de mutualisation à l’échelle de l’Ile de France sont au point mort. Aujourd’hui, l’expulsion des campements se fait sans aucune mesure d’accompagnement.

Le bidonville, dit du Hanul selon l’appellation que lui ont donné ses habitants, existe depuis plus de  sept années. La ville de Saint-Denis, au regard des conditions d’hygiène et de vie de ce campement avait proposé en 2003 un protocole d’engagements réciproques aux habitants. Ces engagements réciproques prévoyaient du côté des habitants une stabilisation du nombre de familles (environ 30 familles) et une scolarisation des enfants présents. Du côté de la ville et de Plaine commune, le protocole prévoyait notamment le ramassage des ordures ménagères et la mise à disposition d’une borne d’eau. Cette convention précisait que « le terrain occupé n’étant pas propriété communale, la durée de son occupation est donc dépendante des procédures judiciaires qu’entameraient le ou le propriétaires. De même, l’Etat pour des raisons d’ordre public peut à tout moment décider leur évacuation sans que la ville ne puisse d’y opposer. »

Depuis la fin des années 90, époque où les bidonvilles sont réapparus en région parisienne, la municipalité de Saint-Denis ainsi que la Communauté d’agglomération Plaine Commune n’ont cessé d’alerter les préfets et les gouvernements successifs sur les conditions indignes et dangereuses dans lesquelles ces familles étaient contraintes de vivre. La responsabilité de la prise en charge des familles en errance revient à l’Etat qui doit au nom de la législation nationale et des traités internationaux venir en aide aux personnes vivant sans domicile fixe, en particulier lorsque des enfants sont concernés.

La municipalité réitère son exigence commune avec les huit villes de la communauté d’agglomération Plaine Commune, d’une table ronde régionale interministérielle; seule échelle pertinente pour que les élus locaux de toute l’Ile de France travaillent, avec le soutien de l’État, à une solution pérenne et respectueuse du droits des habitants des bidonvilles.

Au-delà de la tenue urgente d’une table ronde régionale afin de multiplier ces villages d’insertion et ces expériences d’intégration locales et ainsi de mettre fin à ces expulsions répétées, la Ville de Saint-Denis réclame la fin des mesures transitoires qui empêchent Roumains et les Bulgares d’accéder au marché de l’emploi et leur ferment toute voie d’insertion.

C’est ce que réclament aussi les ONG et les associations intervenant dans les campements. C’est ce que nous continuons d’exiger.

Saint-Denis, le 6 juillet 2010

Contacts utiles

  • Mairie de Saint-Denis
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