Communiqué
Sécurité : quartiers Gare et Centre-ville, le Maire écrit au Préfet
Pour préparer l'ordre du jour d'une prochaine réunion dédiée à la sécurité, Didier Paillard, Maire de Saint-Denis écrit au Préfet pour rappeller l’importance des missions de la police nationale et l’urgence de voir le commissariat de Saint-Denis doté d’effectifs et de moyens supplémentaires. L'intégralité de la lettre ci-dessous.
Monsieur le Préfet,
Afin de préparer l’ordre du jour de la réunion relative à « la sécurité – Gare de Saint-Denis » que vous présidez le 27 avril prochain et dans la perspective que cette rencontre aboutisse à des dispositions nouvelles en terme de patrouille piétonnes sur le quartier, de recueil et de suivi des plaintes et d’investigation, je souhaitais porter à votre connaissances les éléments suivants.
La situation connaît une nouvelle et grave dégradation. Le changement de saison accentue la recrudescence des activités illicites et des regroupements bruyants et alcoolisés sur la voie publique.
La tension et un climat d’agressivité sont palpables et très pénibles pour les riverains et les très nombreux usagers de ce quartier concentrant transports et commerces. Sans prétendre à l’exhaustivité, ni méconnaître la mobilité des phénomènes, il est nécessaire de signaler les principaux points de fixations. La rue Ernest Renan connaît une importante recrudescence de consommation d’alcool sur la voie publique en fin de journée et le soir, alors même que cette rue est de plus en plus empruntée par les piétons en raison des travaux du tramway. La place des Tilleuls présente les mêmes problèmes auxquels s’ajoute une activité de prostitution. La rue de la Charronnerie est elle le théâtre de consommation de drogue en public. Un groupe y stationne très souvent excluant les autres usagers de l’espace public. Des voitures circulent à toutes heures visiblement pour s’approvisionner en substances illicites. La rue des Chaumettes qui dessert de très populaires enseignes commerciales est elle aussi très souvent occupée, et les toilettes publiques y sont utilisées pour la consommation de drogue. La rue du Corbillon qui donne sur deux écoles (école du Corbillon et école Jules Guesde) est également un lieu de regroupement, de jour comme de nuit. L’ambiance qui y règne est incompatible avec les allers et venues des élèves, parents et enseignants. La rue fontaine, plus particulièrement à l’entrée de la galerie commerçante Rosalie, est décrite comme un lieu de vente de cannabis. Les commerçants qui sont à proximité de cet endroit se plaignent de l’intimidation que subissent leurs clients. Enfin, vous connaissez la situation tendue autour du marché de Saint-Denis. Les ventes à la sauvette font l’objet d’une action régulière de la police municipale mais elles nécessitent un travail constant et des investigations de vos services pour enrayer le phénomène. Le service de la police municipale s’est doté d’un concasseur des produits de contrefaçon saisis. L’action que vos services ont initiée au marché aux puces de Saint-Ouen illustre les possibilités d’une intervention visible et d’un travail en profondeur.
Dans cette perspective partenariale, il me faut regretter que des dispositions décidées de façon concertées ne soient pas mises en œuvre. Ainsi l’arrêté municipal, renouvelé chaque année depuis 2008 encadrant la vente d’alcool et la consommation sur la voie publique ne se traduit pas dans les faits. De même, en juin dernier nous avions renouvelé notre accord à la demande de la SNCF d’installer des caméras sur le parvis de la gare, sans que ce projet ne se concrétise à ce jour. De même l’extension des horaires d’ouverture du poste de police du quartier annoncé par l’ancien ministre de l’intérieur demeure un besoin important. En effet, les délits liés au trafic de drogue et à la prostitution notamment, sont au cœur des missions de la police nationale.
Pour sa part, la Ville fait du renforcement de la présence humaine dans l’espace public une priorité. Le budget 2011 permet le recrutement de quatre policiers municipaux supplémentaires sur le quartier gare-centre ville. Le 1er juin prochain, le service de médiation nocturne sera déployé dans les quartiers de la gare et du centre ville, grâce à un groupement d’intérêt public associant la Ville, des services publics, des bailleurs et une enseigne de distribution. Douze agents, recrutés et actuellement en formation, auront pour mission d’assurer une présence de médiation et de conciliation sur l’espace public entre 18h et 1h du matin.
La ville prend également sa part à la dimension sanitaire de la réponse au problème de toxicomanie sur le quartier. Elle a favorisé en liaison avec la DDASS l’ouverture depuis mai dernier d’un centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques (CAARUD) géré par l’association Prose, complétant la présence du bus d’Aides.
Au-delà, la ville, la communauté d’agglomération et l’État sont également engagés dans le PNRQAD entré en action depuis le début de l’année pour la résorption de l’habitat insalubre. Tout comme l’arrivée de nouveaux tramways, l’opération aura des retombées sociales et environnementales très positives qui doivent concourir à l’amélioration des problèmes de sécurité. Cependant, la période des travaux est un élément de bouleversement du quartier et de ses usages que nous devons accompagner et prendre en compte.
L’ensemble de ces éléments me conduit à réitérer l’importance des missions de la police nationale et l’urgence de voir le commissariat de Saint-Denis dotés d’effectifs et de moyens supplémentaires.
État et Ville, nous savons que la résolution de ces difficultés est un travail de longue haleine qui nécessite une action constante et concertée, d’intervention et de présence sur l’espace public, d’investigation associant les services de police, d’hygiène, du fisc et des douanes et des réponses sanitaires et sociales.
Aussi, je me tiens à votre disposition pour concevoir ensemble un dispositif pérenne et planifier une action de fond avec l’appui des différents services compétents,
Vous remerciant par avance de l’attention que vous voudrez bien réserver à ce dossier important,
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma haute considération.
Didier Paillard
Maire de Saint-Denis
Vice-président de Plaine commune
Français














