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Communiqué

Voeux du maire 2012

Vœux 2012 à la population de Saint-Denis

Discours de Didier Paillard, Maire de Saint-Denis, prononcé le vendredi 6 janvier 2012.

Mesdames et Messieurs,

Mes souhaits de bonne année, de bonne santé, de réussite vont à chacun de vous et à vos familles.

2011 a été une année particulièrement difficile pour un grand nombre d’habitants de la ville, comme du pays.

La fragilité et la précarité s’installent partout. De plus en plus de gens souffrent. La fierté et l’ambition solidaire que nous portons pour Saint-Denis, nous rassemblent dans la diversité. Saint-Denis est désormais la première ville du département par sa population et par ses perspectives d’avenir.  C’est le signe d’une vraie réussite, et d’une attractivité de notre ville au cœur de la métropole.

L’année 2011 a été marquée au plan international par le printemps arabe. Par leur courage, les citoyens de l’autre rive de notre Méditerranée commune, nous rappellent qu’aucune tyrannie ne résiste à la volonté populaire. La démocratie est malade en Europe. La finance a pris le pouvoir. 2012 est une année de choix fondamentaux pour les citoyens de notre pays. Je nous souhaite à tous un printemps démocratique où chaque citoyen reprenne confiance et conscience dans notre capacité commune à modifier le cours des choses.

Cellule de base d’une démocratie bafouée par la domination des intérêts financiers, la commune a la charge de protéger du mieux possible nos concitoyens de la crise aggravée par le gouvernement et le désengagement de l’Etat. Il ne s’agit pas seulement de résister mais bien de préparer l’avenir. Tout le collectif qui fait Saint-Denis, habitants, salariés, associations, élus, agents des services publics de la Ville, de Plaine Commune, du département, de la région et de l’Etat, est porteur d’un message de combativité et d’espérance.
Saint-Denis agit et se bat pour relever les trois défis qui doivent dominer le débat démocratique de 2012 : le devenir des jeunes, l’emploi et le logement. La gravité de la situation appelle un changement radical qui place l’être humain au centre de toutes les décisions. Rien ne serait pire que de ne pas nous saisir des choix de société qui sont devant nous.

La jeunesse paie le plus lourd tribut à l’aggravation des inégalités sociales dans notre pays. Saint-Denis est une ville jeune. C’est en même temps le premier de ses défis et de ses atouts. Nous avons des devoirs et des responsabilités à l’égard de nos enfants. C’est tout le sens de la priorité que nous accordons aux politiques de l’enfance, de l’éducation et de la jeunesse.
En 2012, comme en 2011, nous investirons pour offrir les meilleurs moyens de se réaliser aux jeunes Dionysiens. Après le groupe scolaire Robert Doisneau-Maria Casarès, nous agrandirons le groupe Anatole France, ouvrirons la maison des Parents ainsi qu’une nouvelle antenne jeunesse à Joliot Curie.
L’ouverture de la nouvelle cuisine centrale renforcera la qualité de notre restauration scolaire à tarification sociale, ouverte à tous les enfants sans conditions.
L’activité du Conseil municipal des jeunes habitants, marquera notre confiance et la volonté d’ouvrir les portes de la citoyenneté.

Le monde du travail, qui résume et rassemble notre ville, est le premier touché par l’aggravation du chômage de masse, qui sévit dans notre pays depuis près de quarante ans. Le chômage est le premier problème de notre société et la source principale de beaucoup d’autres.
Notre ville compte un nombre sans précédent d’emplois. Elle progresse dans sa reconversion après 25 ans de lutte contre les dégâts de la désindustrialisation. Face au chômage, notre obsession est de rapprocher l’offre et la demande d’emploi et de formation. Plus de 2.500 habitants du territoire ont été embauchés en application de première série des chartes entreprise territoire, négociée par Plaine commune. Nous poursuivons et voulons faire davantage en travaillant pour anticiper l’avenir, diagnostiquer les métiers, de la téléphonie par exemple avec la venue en 2015 des 8.500 emplois de SFR, connaître les besoins de renouvellement de personnel, construire les filières dont les secteurs en développement et les habitants ont besoin pour accéder à ces emplois.
Notre pays est plus riche que jamais. Les moyens existent pour rompre avec la casse de l’emploi public et privé. En 2010 les profits des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 85% puis encore de 10% au premier semestre 2011. La question économique et sociale centrale n’est pas la dette fabriquée par les politiques libérales et les allègements fiscaux en faveur des catégories les plus aisées, mais la répartition plus juste des richesses au service de la formation et de l’emploi.

Avec le droit à l’emploi, le droit élémentaire à avoir un toit est de plus en plus bafoué. Selon la Fondation Abbé Pierre, plus de neuf millions de personnes sont en situation de fragilité par rapport au logement.
Saint-Denis compte 18.000 logements sociaux soit 45% du total. Elle est la ville d’Ile de France où se construisent le plus de logements et de logements sociaux, et qui avec Plaine commune investit 21 millions d’euros d’ici 2015 dans la résorption de l’habitat insalubre privé en partenariat avec l’Etat. Avec le renouveau de La Plaine et Pleyel, la requalification du centre ancien et la rénovation urbaine de Floréal-Saussaie-Courtille à Saint-Rémy-Joliot-Curie, en passant par Franc Moisin et Sémard, c’est toute la ville qui se transforme sans exclure personne.
C’est pourquoi, nous condamnons les expulsions sans solution des logements insalubres. Au début du mois de décembre, l’Etat a décidé unilatéralement et contre l’avis de la municipalité, d’expulser durant la trêve hivernale, les occupants de deux immeubles privés insalubres.
Les couples sans enfant et les célibataires, ont été laissés sur le trottoir, sans accompagnement, l’Etat n’assumant pas son obligation de garantir le droit à l’hébergement d’urgence.
Cette situation dramatique est la conséquence directe de la décision du gouvernement de supprimer 5.000 places d’hébergement d’urgence en Ile de France.
La gravité de la situation appelle la réquisition des logements vides propriété de l’Etat, à l’instar des casernements désaffectés, propriété du ministère de la Défense, situés à proximité du Fort de l’Est à Saint-Denis.
Au-delà, les choix démocratiques du printemps à venir portent aussi sur la nécessité d’un plan d’urgence pour la construction de 300 000 logements sociaux en Ile-de-France, dans toutes les communes, à commencer par celles qui ne respectent pas la loi des 20%. L’Etat doit très fortement augmenter les amendes contre ces communes et se substituer pour celles qui s’obstinent à refuse les logements sociaux. Ce sont ces exigences que porte la célébration du centenaire du logement social à l’initiative de Plaine Commune Habitat, avec une exposition et des débats dans notre ville à partir du mois prochain.

Le 16 janvier prochain, le ministre de la Ville, et si l’on en croit la presse, le Premier Ministre, le Préfet de région et le président de Plaine commune, signeront le premier accord cadre du contrat de développement territorial dans le cadre du Grand-Paris. La signature aura lieu à La Cité européenne du cinéma. Ce projet majeur d’aménagement, de patrimoine et de développement économique, symbole du projet de territoire de la culture et de la création, ouvrira ses portes dans quatre mois.
Cette avancée dit la force de Plaine commune, notre coopérative de villes, et celle du choix d’un développement solidaire qui profite aux huit villes, et bientôt neuf avec l’arrivée de Saint-Ouen, qui renforce la centralité de Saint-Denis. Comme le Stade de France a été une chance pour notre ville, l’arrivée du Grand Paris Express et la constitution d’un nœud de transport à Pleyel peut être l’occasion pour nous de confirmer notre identité de ville populaire au cœur du Grand Paris.
Notre développement urbain et économique, n’est pas une fin en soi. Il ne vaut la peine que s’il est utile aux habitants et aux salariés.
L’accord cadre ouvre des perspectives : la gare pont à Pleyel pour relier Pleyel et La Plaine, la gare des Six routes pour mieux desservir le nord et l’est de la ville, la tangentielle Nord qui facilitera les transports au nord de Saint-Denis, le financement des études pour la restructuration complète de la gare centrale de Saint-Denis et le prolongement du T8 vers Paris.
Le cœur de la métropole s’élargit et intègre notre territoire.
Notre ville doit continuer de s’enrichir de l’arrivée de nouveaux Dionysiens et de nouvelles entreprises, sans jamais devenir un Eldorado de la spéculation foncière et immobilière.
Avec Plaine commune, nous nous battons contre la relégation toujours plus loin des couches populaires. Cette exigence sociale est aussi écologique avec la lutte contre l’étalement urbain et la réduction des déplacements domicile/travail.
Pour poursuivre notre projet de développement qui n’exclue personne nous menons deux politiques volontaristes au travers de la régulation publique de l’aménagement urbain et d’une offre de logements diversifiés.
Les priorités que nous avons déterminées avec l’ensemble de l’équipe qui m’entoure vont toutes dans la même direction : dynamiser notre territoire pour que le quotidien des Dionysiens y gagne.
C’est particulièrement vrai en matière de transports et de droit à la mobilité. En 2012, après avoir subi la peine des travaux, les Dionysiens bénéficieront, de l’ouverture de  la station de Métro de la Ligne 12 « Front populaire », du prolongement du T1 et de l’entrée en service du T5 et du T3. De nouvelles pistes cyclables seront aménagées notamment Porte de Paris.
Plus et mieux de transports collectifs, de circulations douces, c’est davantage de végétation et moins de pollution. Environnemental, le progrès est également social, avec des déplacements facilités dans une ville où plus d’un habitant sur deux n’a pas de voiture.
Le chemin est encore long pour le T8 prévu fin 2014 et pour notre exigence de prolongement vers Paris indispensable à soulager le cauchemar quotidien de la ligne 13.

Notre élan nous crée beaucoup d’obligations. La première de ces obligations est de développer le service public local.
Le service public peut seul nous permettre de réaliser notre ambition. Saint-denis a la responsabilité de faire la démonstration, qu’un territoire qui s’est relevé de la désindustrialisation, est en capacité de se requalifier, sans exclure, au service de ses habitants et de ses salariés.
Ces enjeux ont été au cœur des rencontres publiques de la mi-mandat « Saint-Denis avance parlons-en ».
La démarche se caractérise par la fidélité de la prise en compte de ce que nous disent les Dionysiens.
Je vous invite à prendre part nombreux à la réunion publique de restitution qui aura lieu vendredi 27 janvier à 19h ici même (Hôtel de ville, 2 place du caquet, salle des mariages).
A partir du bilan d’étape de notre contrat d’action communal et du recueil de la parole des citoyens, nous tracerons la feuille de route du service public communal pour la seconde partie du mandat.
J’ai en particulier entendu le message fort d’insatisfaction quant à la propreté et au manque de respect pour l’espace public. Nous devons répondre à ce défi d’un espace public respecté et partagé. Nos rues, nos places sont par définition notre espace commun et le témoin de notre capacité à faire avancer le Saint-denis pour tous que nous voulons.
D’autres besoins se sont exprimés avec force, à l’exemple de l’accueil du matin dans les écoles.
Le sens profond de notre action est de faire de Saint-Denis, une ville de droits et de solidarité. Les temps sont difficiles et nous incitent plus que jamais à mettre au cœur de nos décisions tout ce qui peut unir, tisser des liens, développer des solidarités. C’est tout le sens de la maison de quartier Franc Moisin-Bel Air qui ouvrira cette année.
La décennie 2002-2012, restera au plan national comme celle où de graves atteintes ont été portées au système de solidarité et aux moyens des services publics.
Dans ce contexte, l’existence d’un service public municipal fort est pour les Dionysiens une garantie et une protection.
En investissant dans le territoire, la Ville et Plaine commune, ensemble, nous donnons du travail aux entreprises, nous redistribuons du pouvoir d’achat aux familles, nous innovons et développons les services aux habitants.

Beaucoup de travail nous attend en 2012.
Ce qui anime notre équipe c’est la confiance dans l’intervention des habitants. Les exemples abondent de projets qui ne peuvent aboutir que par l’action conjointe des habitants et des élus. C’est ainsi que nous avons obtenu, ensemble, l’ouverture d’un nouveau bureau de poste à Pleyel au premier semestre 2012.
Notre rôle d’élus est d’être à l’écoute et accessibles pour faciliter les projets qui foisonnent dans notre ville. Il est de mettre chacun en capacité d’exercer ses droits et ses responsabilités.
L’aspiration profonde des Dionysiens est de vivre ensemble dans l’égalité des droits. La régularisation des habitants privés de papiers, le droit de vote des citoyens étrangers, sont des urgences d’intérêt général dans une ville où vivent et travaillent des citoyens de plus de 130 nationalités différentes qui doivent prendre toute leur part à la construction de la cité.
Saint-Denis, ne craint pas le monde mais s’ouvre à lui, apprend de lui, et agit sur lui. En 2012, nous inviterons notre compatriote Salah Hamouri à la libération duquel nous sommes fiers d’avoir participé par nos actions. Nous commémorerons le cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie et de l’accès à l’indépendance de ses citoyens.

En cette année 2012, les vœux locaux ont un arrière plan national.
Le choix du rassemblement des forces de transformation sociale identifie profondément l’histoire de notre ville.
En 2012, il nous faut souhaiter que toutes les forces de progrès qui incarnent l’espérance de changement soient à la hauteur des besoins qu’expriment les habitants. Soyez assurés de notre exigence pour que ce rassemblement se fasse sur le contenu autour des principes fondamentaux de justice sociale, de développement durable et d’intervention des citoyens.
Les femmes et les hommes qui font Saint-Denis, sa richesse, sa diversité, cette culture de partage et de révolte, d’humanité et d’amour ; ces femmes et ces hommes sont le point de départ et la finalité de tout ce que nous faisons.

Mesdames et Messieurs,
Je veux à nouveau vous remercier pour la part que vous prenez à faire de Saint-Denis une ville populaire, solidaire et dynamique.
Une ville tournée vers l’avenir qui vit constamment ouverte sur la diversité du monde et de ses cultures.
C’est avec chacune et chacun d’entre vous que nous parviendrons, cette année encore, à ce que Saint-Denis aille de l’avant, avec et pour celles et ceux qui y vivent, qui y travaillent.
Du fond du cœur, à toutes et à tous, au nom du Conseil Municipal et en mon nom personnel, je vous souhaite une très bonne, et une très heureuse année 2012.
Je vous remercie.

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