Communiqué
Urgence logement
La crise du logement frappe plus de neuf millions de personnes dans notre pays, selon le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre. La municipalité condamne la politique du gouvernement qui aggrave cette crise et en particulier les expulsions sans solutions. Elle mène la politique d’ensemble en faveur du droit au logement la plus active des villes d’Ile-de-France. Elle a la volonté de mobiliser pour mettre l’Etat face à ses responsabilités.
Le 7 décembre, la préfecture a décidé unilatéralement et contre l’avis
de la municipalité, d’expulser durant la trêve hivernale, les occupants
de l’immeuble privé insalubre du 76, rue Gabriel Péri.
L’expulsion a laissé à la rue les personnes célibataires et les couples
sans enfant, l’Etat n’assumant pas son obligation d’hébergement
d’urgence.
Cette situation dramatique est la conséquence directe de la décision du
gouvernement de supprimer plus de 1 200 places d’hébergement d’urgence
rien qu’en Seine-Saint-Denis. Cette politique est brutale et
inacceptable.
Les personnes sans solutions ont installé un campement devant le centre
administratif de la mairie. Ce campement est présenté comme une
protection des expulsés et comme un moyen de mobilisation.
Malheureusement tel n’est pas le cas. Il ne sert pas la cause des
personnes qui demeurent soumises aux dangers de la rue et au froid. Il
est dangereux pour les occupants, dont plusieurs ont été victimes de
malaises et pour l’évacuation des personnels et du public du centre
administratif en cas d’urgence. Aussi la Ville réitère sa demande de
levée de ce campement. En saisissant le tribunal administratif de cette
demande, elle attend un jugement enjoignant l’Etat d’assumer ses
obligations d’hébergement des personnes à la rue et en détresse.
Pour les expulsés deux urgences existent : l’hébergement et la
régularisation. Ces deux questions sont de la responsabilité et de la
compétence de l’Etat.
Depuis 2008, l’action conjuguée des occupants, des soutiens et des élus
de Saint-Denis a débouché sur des résultats importants. 80% des
occupants du 76 rue Péri, recensés en 2009, soit 86 personnes dont 18
enfants, occupants de longue date de cet immeuble insalubre, ont été
relogés. La Ville a fait réaliser des travaux importants facturés au
propriétaire irresponsable pour conjurer les périls et soustraire les
occupants aux dangers les plus graves. Nous continuons d’intervenir et
ces dernières semaines deux personnes ont enfin été régularisées.
Tout l’enjeu est de parvenir à l’hébergement et à la régularisation. La
municipalité agit et agira de façon constante en ce sens avec les
occupants et leurs soutiens.
Depuis l’expulsion du 7 décembre nous multiplions les démarches écrites
et nous nous sommes déplacés en sous-préfecture et en préfecture pour
obtenir l’hébergement des personnes laissées à la rue et la
régularisation des sans papiers. Face à l’urgence nous exigeons la
réouverture des places d’hébergement supprimées par le gouvernement et
la mise à disposition des sans-abris des logements désaffectés à
proximité du Fort de l’Est, appartenant au ministère de la Défense.
Notre action nous place en première ligne dans le combat pour le droit au logement :
- Saint-Denis est la Ville d’Ile-de-France où se construisent le
plus de logements (700 par an) et le plus de logements sociaux (plus de
200 par an). La ville compte 18.000 logements sociaux soit 45% de
l’ensemble des logements, et 6.300 familles dionysiennes sont en
attente d’un logement social.
- La ville et Plaine commune investissent 21 millions d’euros sur
cinq ans dans la résorption de 1200 logements privés insalubres. Ce
programme assure le relogement dans des logements dignes des familles
en situation régulière et l’accompagnement vers la régularisation des
sans-papiers.
- Six nouveaux foyers de travailleurs migrants ont été réalisés en remplacement du foyer Pinel démoli.
- La Ville et Plaine commune cofinancent le village d’insertion du
Fort de l’Est des familles roms et mènent le projet de résorption de
l’ancien bidonville du Hanul.
Cette politique ambitieuse pour le logement est un combat qui conduit
la municipalité à être attaquée devant la justice par l’Etat :
- arrêté municipal anti-expulsion
- arrêté municipal de réquisition d’un immeuble de logement vide qui
permet depuis bientôt trois ans à des familles d’avoir un toit.
Nous sommes aux côtés des expulsés dont la situation ne peut évoluer
qu’en situant les responsabilités à leur niveau véritable c'est-à-dire
l'Etat. Nous avons besoin de toutes les forces et de nous rassembler
pour exiger que ces responsabilités soient assumées.
La municipalité
Bally Bagayoko, Elisabeth Belin, Sam Berrandou, Patrick Braouezec,
Mathilde Caroly, Josiane Comet, Suzana De La Fuente, Lynda
Fellahi, Nadia Ghassab, Christophe Girard, Rose Gomis, Gilles Gueguen,
Florence Haye, Zohra Henni, Jérôme Jurjevic, Martine Kerhouas Lasser,
Francis Langlade, Monique Lejeune, Virginie Le Torrec, Madjid
Messaoudene, Christophe Mézerette, Didier Paillard Jaklin Pavilla,
Stéphane Peu, Virginie Poujol, David Proult, Pierre Quay Thevenon,
Cecile Ranguin, Hakim Rebiha, Michel Ribay, Françoise Roblin, Laurent
Russier, Fabienne Soulas, Patrick Vassallo, Cherifa Zidane.
Français















