Le maire


Portrait de celui qui est né ici, a grandi ici, a succédé à Patrick Braouezec en décembre 2004, et, en trois ans seulement, a déjà mis son empreinte sur l'action municipale.

paillard_portrait.jpgDidier Paillard, né à Saint-Denis le 1er décembre 1954, est élevé dans une famille ouvrière qui a été profondément marquée par la seconde guerre mondiale et la résistance à l'occupation nazie.

Son père, Léon Paillard, un ajusteur outilleur des usines de La Plaine Saint-Denis a été candidat aux élections municipales de 1935 sur la liste du PCF qui s'oppose à Jacques Doriot, le fondateur du parti populaire français qui sombrera dans la collaboration avec le nazisme.

Résistant, Léon Paillard est déporté au camp de Buchenwald dont il revient en 1945. C'est l'année de sa rencontre avec celle qui deviendra Marie Paillard, et travaillera longtemps aux cuisines du collège Romain Rolland.

Ouvrier chimiste à 19 ans
Didier Paillard fait toute sa scolarité à Saint-Denis. Obtenant un BEP d'appareil en industrie chimique, il est embauché à 19 ans comme ouvrier chimiste à la Pharmacie centrale de France, avenue du président Wilson. Un emploi qu'il occupera pendant quatre ans, avant de se consacrer pleinement à son activité militante et à son mandat d'élu local.

Membre du PCF et de la Jeunesse communiste depuis l'âge de 17ans, Didier Paillard fait son entrée au Conseil municipal de Saint-Denis en 1977. Il en est alors l'un des plus jeunes membres. Lors du renouvellement de l'assemblée en 1983, il devient maire adjoint de Marcelin Berthelot.

L'engagement : inventer pour ne pas subir
Les années 80 sont celles d'une terrible crise industrielle qui frappe durement Saint-Denis. De nombreuses petites et moyennes entreprises ferment leurs portes.

Cette période douloureuse est à l'origine d'une réflexion innovante sur l'avenir de ce territoire. Au côté de Marcelin Berthelot et de Jack Ralite, alors maire d'Aubervilliers, Didier Paillard prend une part très active à une série d'initiatives pour relancer La Plaine Saint-Denis. Loin d'une vision dogmatique, il s'agit bien d'inventer pour ne pas subir.

Paillard-Braouezec : les années complices
C'est en 1991 que Didier Paillard devient premier adjoint de Patrick Braouezec, ce dernier venant de succéder à Marcelin Berthelot.
Entre Didier Paillard et Patrick Braouezec, c'est une complicité déjà ancienne qui se consolide et se nourrit de convictions communes, en particulier de l'absolue nécessité de repenser le communisme, d'identifier cet idéal à des valeurs d'émancipation humaine :le refus des injustices, la démocratie, l'égalité des droits, la richesse que constitue la diversité des origines dans les villes populaires.
En 1994, Didier Paillard est élu Conseiller général du canton le plus peuplé de la ville. Au Conseil général de Seine Saint-Denis, dont il est le vice-président à deux reprises, il a notamment en charge le travail de prévention en direction des jeunes, et l'aide sociale à l'enfance. Un mandat auquel il a décidé de mettre un terme en 2007, pour se consacrer entièrement au travail de maire.

L'artisan de Plaine Commune
Le passage de Saint-Denis au 21ème siècle correspond à la naissance de Plaine Commune. Cette idée de construire un nouveau territoire à plusieurs villes doit beaucoup à Didier Paillard. Au sein de la communauté de communes qui deviendra communauté d'agglomération, Didier Paillard a longtemps été vice-président chargé du développement économique.
Le 11 décembre 2004, après la décision de Patrick Braouezec de mettre fin à son mandat de maire et son élection à la présidence de Plaine Commune, Didier Paillard devient, à tout juste cinquante ans, le quatrième maire de Saint-Denis depuis la Libération, en 1944.

Droit de vote, services publics, logement, écologie, mémoire, rugbycolor
En trois ans, il prend plusieurs initiatives qui vont marquer cette deuxième partie du mandat. Il est ainsi à l'origine du premier référendum organisé en France sur le droit de vote et d'éligibilité des résidents étrangers. En mars 2006, plus de 11 000 dionysiens se rendent aux urnes, et se prononcent à près de 65% en faveur de cette égalité d'accès à la citoyenneté. A cette occasion, Didier Paillard rassemble toute la gauche à Saint-Denis : François Hollande, Patrick Braouezec, Dominique Voynet, Arlette Laguillier, Alain Krivine.

Durant les émeutes et révoltes de novembre 2005 qui se déroulent partout en France, le nombre limité d'incidents à Saint-Denis est largement remarqué. Choisi parmi les quinze maires reçus à Matignon à l'issue de la crise, il remet au Premier ministre une série de propositions pour que les exigences des habitants des quartiers populaires soient enfin entendues.

Cette volonté de relayer en permanence les demandes de la population amène le Maire de Saint-Denis à organiser une séance extraordinaire du Conseil municipal pour la défense et le développement des services publics en décembre 2006. Il en ressort un véritable « livre blanc » élaboré avec les salariés et les usagers, qui donnera lieu à plusieurs mobilisations.

Innover, bouger, inventer : durant ces trois années, Didier Paillard crée le premier forum de la jeunesse, dénonce fortement le scandale des marchands de sommeil en murant symboliquement un logement insalubre du quartier Bel Air, et obtient que soit appliquée la taxe sur les spectacles aux sept matchs de la Coupe du Monde de Rugby pour que le programme de festivités
Rugbycolor, qui rassemblera des milliers de Dionysiens, ne coûte rien à la population.

Son attention particulière à tout ce qui touche au travail de mémoire et à la diversité de la population l'amène à ériger un mémorial de la déportation sous le haut patronage de Simone Veil en avril 2005, à répondre favorablement à la demande de plusieurs associations d'instaurer une cérémonie en hommage aux victimes de l'esclavage en mai 2006, et à inaugurer la place des victimes du 17 octobre 61 en mars 2007.

Durant la campagne des élections présidentielles et législatives de 2007, Didier Paillard prend toute sa part à des résultats qui marqueront le rejet de Nicolas Sarkozy, battu à plus de 66% à Saint-Denis, et la réélection de Patrick Braouezec comme député de la 2ème circonscription.

Enfin, dans plusieurs dossiers comme la construction de l'école Carson – Besson qui est le premier groupe scolaire de la ville à haute qualité environnementale, ou la réalisation de maisons en bois à La Plaine, il fait un choix résolument écologique.
C'est d'ailleurs à La Plaine que réside Didier Paillard, qui est père de trois enfants.

Repères
1er décembre 1954 : naissance à Saint-Denis
1971 : adhésion au Parti communiste
1973 : premier emploi d'ouvrier chimiste à La Plaine Saint-Denis
1977 : fait son entrée au Conseil municipal
1983 : devient maire adjoint de Marcelin Berthelot
1991 : devient premier adjoint de Patrick Braouezec
1994 : est élu Conseiller général de Saint-Denis nord-est
1998 : est élu vice-président du Conseil général
2000 : vice-président de Plaine Commune chargé du développement économique
11 décembre 2004 : élu maire de Saint-Denis
26 septembre 2007 : annonce sa candidature aux élections municipales
16 mars 2008 : élu maire de Saint-Denis